|
Article paru sous la rubrique "les Coulisses du Barreau de l'Aube" dans l'Est-Eclair du 13 avril 2007 - interview de Me Jean-Jacques PRUGNOT réalisée par Valérie ALANIECE.
Une réforme de la procédure de saisie immobilière est en application depuis le 1er janvier 2007, avec comme objectifs, d¹accélérer et de simplifier le recouvrement des créances en favorisant les ventes à l¹amiable. Quelle est, dans cette réforme, l¹innovation qui vous paraît la plus importante ? Me Prugnot : «La création d¹une audience d¹orientation. Auparavant, sauf incidents, l¹avocat du créancier poursuivant effectuait toutes les opérations en marge du tribunal et le juge n¹intervenait que le jour de l¹audience d¹adjudication, c¹est-à-dire à l¹ultime étape. Désormais, ‹ c¹est une autre des nouveautés ‹ un seul et même magistrat, le juge de l¹Exécution, contrôle l¹ensemble de la procédure, à partir de cette audience «d¹orientation» et jusqu¹après la vente, qu¹elle soit amiable ou forcée.» A quel moment intervient cette audience ? «Elle fait suite au «commandement à payer valant saisie», puis à la «publication du commandement à payer à la Conservation des hypothèques» et aux assignations des parties. A cette audience, sont réunis devant le juge le débiteur et le ou les créanciers qui bénéficient d¹une hypothèque sur le bien saisi. La réforme leur permet d¹intervenir en amont de la distribution du prix» A quoi sert cette audience d¹orientation ? «Elle affirme la possibilité pour le débiteur de vendre son bien à l¹amiable. Auparavant, il pouvait demander à ce qu¹une vente judiciaire soit convertie en vente volontaire mais ça relevait de son initiative. Dans les faits, c¹est ce qui se passait dans une majorité de cas. Dans un cas sur cinq seulement, une saisie allait jusqu¹à la vente. Le plus souvent des arrangements étaient trouvés. La réforme clarifie donc la situation. On assigne le débiteur pour lui demander de se prononcer : on le responsabilise. Il peut arriver à l¹audience sans avocat ‹ un cas unique dans cette procédure ‹ et faire sa demande verbalement de vente amiable avec par exemple, une estimation montrant que la valeur de son bien est supérieure à l¹éventuelle mise à prix.» Et alors ? «C¹est le juge de l¹Exécution qui décide en prononçant un jugement d¹orientation. Évidemment, le débiteur doit donner des gages de bonne volonté et faire preuve de rigueur en respectant ensuite strictement les délais. Si les engagements ne sont pas tenus, le juge ordonne la vente judiciaire et autre nouveauté : il n¹y a plus besoin d¹entamer de procédure d¹expulsion après une vente par adjudication.» Quel est le rôle de l¹avocat ? «C¹est l¹avocat du créancier poursuivant ‹ à 90% des établissements bancaires ‹ qui conduit cette procédure qui reste très technique d¹autant que la réforme nous a transférés plusieurs tâches qui auparavant incombait au greffe du tribunal. Par ailleurs, on est toujours à l¹écoute des propositions émanant du débiteur.»
|